Des recrues issues d’un groupe sous-représenté montent en grade



Comme une entreprise de Toronto l’a constaté, les personnes handicapées peuvent exceller à tous les échelons lorsqu’on leur en donne la chance.

Grâce au Fonds d’intégration, un programme de subventions salariales de BioTalent Canada, RightBlue Labs Inc. a pu puiser dans un bassin de main-d’œuvre hautement qualifiée auquel elle n’avait pas accès auparavant. Le programme permet d’obtenir une aide allant jusqu’à 13 500 $ pour l’accueil et la formation des personnes handicapées, ce qui donne aux entreprises les moyens de concrétiser des embauches jusqu’alors impossibles.

Arrivées en poste vers la fin de 2017, les recrues devaient prêter main-forte au développement de logiciels. Quelque six mois plus tard, la direction de l’entreprise de solutions d’analyse en biosanté était si impressionnée par le travail des deux nouveaux employés qu’elle les a promus cadres. L’un est devenu responsable en chef des produits et l’autre, vice-président de l’ingénierie « grâce à leur immense contribution dans l’équipe », déclare Ronen Benin, cofondateur et chef de la direction de RightBlue Labs.

M. Benin précise que l’entreprise a commencé à recruter des personnes handicapées dès sa troisième embauche. « Nous avions déjà des employés handicapés. Quel que soit le candidat, le processus d’embauche est le même, mais la main-d’œuvre handicapée est plus disponible. »

Les Canadiens handicapés sont bien au fait de cette réalité. Des données de Statistique Canada et un sondage Angus Reid réalisé en 2016 révèlent qu’environ la moitié des Canadiens vivant avec un handicap sont sans emploi. Qui plus est, selon Statistique Canada, pas moins de 35 % des personnes handicapées se sont vu refuser un emploi en raison de leur handicap.

Pour M. Benin, les employeurs ont tort de lever le nez sur certains candidats simplement parce qu’ils sont handicapés. « Selon notre expérience, une bonne partie de ces candidats ne paraissent pas extraordinaires à l’entrevue, mais comme employés, ils sont formidablement compétents. »

Seulement 23 % des personnes handicapées parleraient ouvertement de leur handicap lors d’une entrevue et 19 % n’en feraient aucune mention par crainte de discrimination, révèle le sondage Angus Reid.

Pour mettre au jour ce potentiel, RightBlue Labs a compris qu’elle devait faire abstraction de la performance à l’entrevue et se concentrer sur les résultats des tests de compétence ainsi que sur la chimie potentielle entre le candidat et le reste de l’équipe.

« L’entrevue ne rend pas forcément justice aux capacités réelles du candidat, surtout s’il s’agit d’un emploi technique », croit M. Benin, qui préfère intégrer la personne à l’équipe pendant une journée ou deux, pour voir. « Une approche pratique est préférable. »

Parmi les autres gages de succès, notons les compétences du candidat, la recommandation d’un tiers crédible et un CV étoffé (références à l’appui).

BioTalent Canada et ses programmes ont joué un rôle important dans la croissance de RightBlue Labs. Cette entreprise, dont la valeur est évaluée à 15 millions de dollars, compte actuellement 185 clients, mais veut faire passer ce nombre à 350 d’ici la fin de l’année, après un tour de financement de 5 millions de dollars.

« [BioTalent] est un organisme formidable qui nous a aidés à recruter beaucoup d’employés en compensant les coûts d’embauche. Je recommande ses programmes à toutes les entreprises », déclare M. Benin.

Comptant 34 employés, l’entreprise de développement logiciel recueille de l’information sur les personnes intéressées, évalue leurs facteurs de risque associés aux maladies et aux blessures, et élabore un plan d’action pour les aider à rester en santé.

« Nous gardons les gens heureux et en santé », souligne M. Benin.

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HR Microscope May 2018